Bien-être
Prendre soin de son chihuahua : les 6 points à surveiller
Froid, dents, fontanelle, rotule, poids et manipulation : les six points à surveiller pour garder un chihuahua en bonne santé, et quand consulter.

Sommaire
- 1. Le froid : pourquoi le chihuahua est-il si frileux ?
- 2. Les dents : le point faible du chihuahua
- 3. La fontanelle : faut-il s’inquiéter ?
- 4. La rotule : pourquoi sautille-t-il sur trois pattes ?
- 5. Le poids : chaque 100 g compte
- 6. La manipulation : comment le porter sans le blesser ?
- Quand consulter un vétérinaire ?
- Questions fréquentes
Prendre soin d’un chihuahua, c’est surtout le protéger du froid, s’occuper très tôt de ses dents, ménager sa fontanelle et ses rotules, surveiller son poids à 100 g près et le manipuler avec précaution. Rien de compliqué au quotidien, mais sa petite taille donne du poids à chaque détail. Voici les six points à connaître, et les signes qui doivent vous faire consulter.
1. Le froid : pourquoi le chihuahua est-il si frileux ?
Un chien de deux kilos a très peu de réserves et une grande surface de peau par rapport à son volume : il perd sa chaleur bien plus vite qu’un labrador. Le chihuahua à poil court y est le plus sensible, mais le poil long ne protège pas beaucoup mieux de la pluie.
En pratique :
- un manteau ou un pull se justifie dès qu’il tremble dehors par temps froid ou humide ; il doit le couvrir sans le serrer ni gêner ses mouvements ;
- séchez-le en rentrant d’une promenade sous la pluie ;
- installez son panier à l’abri des courants d’air, avec un plaid dans lequel il peut se glisser ;
- raccourcissez les sorties par grand froid, sans les supprimer.
Un chihuahua tremble aussi quand il a peur, qu’il est excité ou qu’il a mal. S’il tremble au chaud, qu’il semble abattu ou qu’il refuse de manger, ce n’est plus le froid : appelez votre vétérinaire. Nos conseils pour protéger votre chien en hiver complètent ces gestes.
2. Les dents : le point faible du chihuahua
Dans une mâchoire minuscule, 42 dents se serrent. Le tartre s’installe tôt, les gencives s’enflamment, et la maladie parodontale peut aboutir à la perte de dents, à des infections et, chez les très petits chiens, à une mâchoire inférieure fragilisée. Les dents de lait restent aussi souvent en place à côté des définitives : faites vérifier sa bouche vers six ou sept mois.
Le geste le plus efficace est le brossage, idéalement chaque jour, avec un dentifrice pour chien : le dentifrice humain ne convient pas, certains contiennent du xylitol, toxique pour lui. Habituez-le progressivement, d’abord avec le doigt sur les gencives, puis avec une petite brosse. Les produits à mâcher aident un peu, sans remplacer la brosse : nous avons fait le point sur les gâteries dentaires et les produits à mâcher. Quand le tartre est installé, seul un détartrage chez le vétérinaire, sous anesthésie, permet de nettoyer sous la gencive.
Mauvaise haleine, gencives rouges ou qui saignent, chien qui mâche d’un seul côté ou boude ses croquettes : prenez rendez-vous.
3. La fontanelle : faut-il s’inquiéter ?
Beaucoup de chihuahuas gardent une fontanelle, appelée aussi molera : une zone molle sur le dessus du crâne, où les os ne se sont pas complètement rejoints. Elle se réduit souvent avec l’âge, mais reste parfois ouverte toute la vie. Seule, elle n’est pas une maladie.
Elle impose simplement des précautions : pas de tapes sur la tête, pas de pression sur cette zone, et une vigilance particulière avec les enfants, les chutes et les chocs contre les meubles.
Une fontanelle très large peut toutefois accompagner une hydrocéphalie, un excès de liquide autour du cerveau auquel la race est prédisposée. Consultez si vous remarquez un crâne anormalement bombé, des yeux qui regardent vers le bas, une démarche hésitante, des troubles de la vue, un chiot qui grandit mal ou des convulsions.
4. La rotule : pourquoi sautille-t-il sur trois pattes ?
La luxation de la rotule est fréquente chez le chihuahua. La rotule sort de sa gouttière, souvent de façon passagère : le chien fait alors quelques pas en tenant une patte arrière repliée, l’étire parfois vers l’arrière, puis repart comme si de rien n’était. Selon le degré, une surveillance suffit ou une chirurgie se discute, car une rotule instable use l’articulation avec le temps.
Vous pouvez limiter les contraintes sur ses genoux :
- gardez-le à son poids de forme, c’est la mesure la plus utile ;
- évitez les sauts répétés du canapé ou du lit, en installant une petite rampe ou une marche ;
- posez des tapis sur les sols glissants ;
- entretenez ses muscles par des promenades quotidiennes plutôt que par de grandes courses le week-end.
5. Le poids : chaque 100 g compte
Le standard de la race vise un poids de 1,5 à 3 kg, mais beaucoup de chihuahuas de compagnie sortent de cette fourchette sans être en mauvaise santé. Ce qui compte, c’est la silhouette : on doit sentir ses côtes sous une fine couche de graisse, et voir sa taille marquée quand on le regarde d’en haut. Notre article sur le poids idéal du chien explique comment évaluer son état corporel.
Chez un si petit chien, l’excès arrive vite : 300 g de trop sur un chihuahua de 2 kg représentent 15 % de son poids, autant qu’une dizaine de kilos pour un adulte de 65 kg. Ce surpoids pèse sur ses rotules, sa trachée, son cœur et ses articulations.
Pour l’éviter :
- pesez sa ration avec une balance de cuisine : elle ne représente souvent que quelques dizaines de grammes par jour, et une cuillère de trop fait vite la différence ;
- répartissez-la en deux ou trois repas ;
- limitez les friandises à 10 % de ses apports quotidiens, en minuscules morceaux, et retirez-les de sa ration ;
- oubliez les restes de table.
Notre calculateur de ration vous donne ses besoins caloriques approximatifs, à ajuster selon sa silhouette avec votre vétérinaire. Le très jeune chiot, lui, a l’inverse à craindre : l’hypoglycémie, que nous détaillons avec les autres fragilités des plus petites races de chiens.
6. La manipulation : comment le porter sans le blesser ?
Une chute des bras ou d’un canapé suffit à casser une patte avant chez un chihuahua. Pour le soulever, glissez une main sous son poitrail, juste derrière les pattes avant, et l’autre sous son arrière-train, puis tenez-le contre vous. Ne le soulevez jamais par les pattes avant, sous les aisselles ou par la peau du cou. Les enfants le prennent assis par terre, jamais debout.
Quelques autres réflexes :
- un harnais plutôt qu’un collier, pour épargner sa trachée ;
- une laisse fine, et jamais de liberté près d’une route ou de grands chiens inconnus ;
- des promenades à sa mesure : il a besoin de marcher et de flairer, pas seulement d’être porté.
Habituez-le aussi, avec des friandises, à ce qu’on touche ses pattes, ses oreilles, sa bouche et ses yeux : les soins et les visites chez le vétérinaire en seront facilités. Le chihuahua accepte d’autant mieux les manipulations qu’on lui laisse le choix et qu’on le prévient : nous développons ce point dans notre article sur le chihuahua qui grogne ou se montre agressif.
Quand consulter un vétérinaire ?
- Œil fermé, rouge, qui pleure ou semble blessé : ses yeux proéminents s’abîment facilement, et un ulcère de la cornée s’aggrave vite.
- Toux sèche, essoufflement, fatigue à l’effort : trachée ou cœur, à faire vérifier.
- Boiterie, ou sautillement qui se répète.
- Mauvaise haleine, dent qui bouge, joue gonflée.
- Chute, choc à la tête, démarche ou comportement inhabituel.
- Chiot mou, tremblant ou qui ne mange pas : c’est une urgence.
- Prise ou perte de poids inexpliquée.
Une visite annuelle permet aussi de dépister tôt les souffles cardiaques, fréquents chez les petits chiens vieillissants.
Questions fréquentes
Comment prendre la température de mon chihuahua ?
Avec un thermomètre numérique réservé à cet usage, glissé doucement dans le rectum sur un à deux centimètres, après l’avoir enduit de vaseline. La température normale d’un chien se situe autour de 38 à 39 °C. Au-delà de 39,5 °C ou en dessous de 37,5 °C, appelez votre vétérinaire, et ne lui donnez jamais de médicament humain contre la fièvre sans son avis.
Le chihuahua à poil long demande-t-il plus d’entretien ?
Un peu plus : deux ou trois brossages par semaine, en insistant derrière les oreilles et sur la culotte, où les nœuds se forment. Le poil court se contente d’un brossage hebdomadaire. Pour l’un comme pour l’autre, un bain de temps en temps suffit, avec un shampooing pour chien et un séchage soigneux.
Un chihuahua peut-il vivre avec un grand chien ?
Oui, si le grand chien est calme et que les présentations se font progressivement. Le risque n’est pas tant l’agressivité qu’un coup de patte ou un saut joueur qui blesse le petit. Séparez-les quand vous n’êtes pas là, au moins les premiers mois, et offrez au chihuahua un refuge hors de portée de son grand compagnon.
À quelle fréquence couper les griffes d’un chihuahua ?
Toutes les quelques semaines, car un si petit chien use peu ses griffes en marchant. Si vous les entendez cliqueter sur le carrelage, il est temps. Coupez seulement la pointe pour éviter la partie vivante, et demandez à votre vétérinaire ou à un toiletteur de vous montrer le geste la première fois.


