Bien-être
Syndrome du chiot nageur : signes, causes et prise en charge
Chiot qui reste à plat ventre, pattes écartées, vers 3 semaines : signes du syndrome du chiot nageur, causes connues, kinésithérapie et pronostic.

Sommaire
Le syndrome du chiot nageur est un trouble du développement du très jeune chiot : vers deux ou trois semaines, au lieu de se dresser sur ses pattes comme le reste de la portée, il reste couché à plat ventre, les pattes écartées sur les côtés, et se déplace en « nageant ». Pris en charge tôt par le vétérinaire, avec de la kinésithérapie et quelques aménagements simples, beaucoup de chiots récupèrent. Plus on attend, plus la rééducation est difficile.
Qu’est-ce que le syndrome du chiot nageur ?
Pendant ses deux premières semaines, un chiot rampe. Entre deux et trois semaines, il commence à se soulever sur ses pattes, puis fait ses premiers pas, encore hésitants, vers trois ou quatre semaines. Le chiot nageur n’arrive pas à ramener ses pattes sous son corps : elles restent écartées latéralement, le plus souvent les postérieures, parfois les quatre.
Comme il repose en permanence sur le sternum, sa cage thoracique s’aplatit de haut en bas, ce qui l’empêche encore davantage de se redresser. C’est ce cercle vicieux qu’il faut casser le plus tôt possible. Un seul chiot de la portée peut être atteint, ou plusieurs. Le même syndrome est décrit chez le chaton.
Comment reconnaître un chiot nageur ?
Les signes apparaissent en général entre deux et quatre semaines :
- il ne se met pas debout alors que ses frères et sœurs commencent à le faire ;
- il reste à plat ventre, pattes écartées, et avance en faisant des mouvements de pagaie ;
- sa poitrine paraît large et plate plutôt que ronde ;
- il respire vite ou avec effort, et se fatigue facilement ;
- chez certains, la tétée est difficile, avec des régurgitations de lait ;
- le ventre et l’intérieur des pattes sont rouges ou irrités, à force de frotter et de rester au contact de l’urine ;
- il peut être constipé.
Ces signes justifient une consultation rapide. Un chiot qui ne se lève pas peut aussi souffrir d’une autre affection (malformation, trouble neurologique, infection, faiblesse générale), que seul le vétérinaire peut écarter.
Quelles sont les causes du syndrome ?
Elles ne sont pas complètement élucidées, et plusieurs facteurs se combinent probablement :
- un poids élevé pour l’âge : le chiot nageur est souvent l’un des plus lourds de la portée, notamment quand il est seul ou peu nombreux à téter une mère très laitière ;
- un sol glissant dans la caisse de mise bas (papier journal, plastique, carrelage), qui n’offre aucune prise aux pattes ;
- une prédisposition de race ou familiale : le syndrome est souvent décrit chez des races brachycéphales comme les bouledogues, mais il peut toucher toutes les races, et une part héréditaire est suspectée ;
- un retard de développement des muscles et des nerfs, hypothèse avancée par plusieurs auteurs.
Contrairement à ce qu’on lit parfois, ce n’est pas un problème réservé aux races naines.
Comment le vétérinaire prend-il en charge un chiot nageur ?
Le vétérinaire examine le chiot, recherche d’autres causes et peut faire réaliser des radiographies pour évaluer la déformation du thorax, parfois associée à une anomalie du sternum. Il établit ensuite un programme de soins, réalisé en grande partie à la maison par l’éleveur ou le propriétaire, après démonstration. Il peut aussi orienter vers un vétérinaire ou un praticien spécialisé en rééducation.
Les entraves
Le vétérinaire peut poser, ou vous apprendre à poser, des entraves souples qui maintiennent les pattes sous le corps, à un écartement proche de la normale. Elles doivent être vérifiées tous les jours : un gonflement, une plaie, une patte froide ou violacée imposent de les retirer et de rappeler le vétérinaire. Le chiot grandissant très vite, elles sont réajustées régulièrement. Ne les improvisez pas sans avis : trop serrées, elles sont dangereuses.
Les exercices de kinésithérapie
Ce sont des séances courtes, répétées plusieurs fois par jour selon le programme fixé :
- maintenir le chiot debout, soutenu sous le ventre, pattes posées au sol, pour qu’il apprenne à porter peu à peu son poids ;
- mobiliser doucement ses pattes, en flexion et en petits mouvements de pédalage ;
- stimuler ses coussinets en les frottant légèrement, pour l’encourager à bouger ;
- masser les muscles des pattes et du dos, avec une pression bien plus légère que pour un adulte (les principes du massage du chien s’adaptent au chiot).
Arrêtez la séance s’il se débat, crie ou se fatigue : mieux vaut plusieurs petites séances qu’une longue.
L’environnement et la position
- Un sol antidérapant dans la caisse de mise bas : tapis polaire, serviette éponge bien tendue ou tapis en caoutchouc, jamais de papier journal ni de plastique.
- Un couchage sur le côté plutôt que sur le ventre : changez régulièrement sa position quand il dort, et aidez-le à téter dans une bonne posture.
- Une hygiène rigoureuse : nettoyez et séchez son ventre et ses pattes plusieurs fois par jour pour éviter les irritations.
L’alimentation
Pesez le chiot chaque jour. Si le vétérinaire juge sa prise de poids excessive, il vous expliquera comment l’encadrer. Ne réduisez jamais de vous-même l’alimentation d’un nouveau-né : un chiot de quelques jours supporte très mal le manque de lait. La mère, elle, doit être bien nourrie : voyez notre article sur l’alimentation de la chienne en gestation.
Quel est le pronostic ?
Il est souvent favorable quand la prise en charge commence dès les premiers signes : beaucoup de chiots se mettent debout puis marchent après quelques semaines de rééducation. Il est plus réservé si le thorax est très déformé, si le chiot respire difficilement, si d’autres anomalies sont présentes ou si l’on intervient tard, quand les articulations se sont figées dans une mauvaise position. Certains gardent de légères séquelles, comme une démarche un peu particulière, d’où l’intérêt d’un suivi vétérinaire pendant toute la croissance. Pour savoir ce qui est attendu à chaque âge, voyez les grandes étapes du développement du chiot.
Peut-on prévenir le syndrome du chiot nageur ?
Pas complètement, mais l’éleveur peut réduire les risques : sol antidérapant dès la naissance, pesée quotidienne des chiots, observation de leur posture à partir de deux semaines et consultation au moindre doute. Comme une part héréditaire est suspectée, parlez avec votre vétérinaire de l’opportunité de faire reproduire les parents.
Quand consulter un vétérinaire ?
- En urgence si le chiot respire difficilement, ne tète plus, perd du poids ou devient mou et apathique.
- Rapidement si, vers deux ou trois semaines, il ne se redresse pas comme les autres, si ses pattes restent écartées ou si son thorax paraît plat.
- Pendant la rééducation, si une entrave provoque un gonflement ou une plaie, si la peau s’irrite ou si le chiot ne progresse plus.
Questions fréquentes
Le syndrome du chiot nageur est-il douloureux ?
Ce sont surtout ses complications qui gênent le chiot : irritations de la peau, difficultés à respirer ou à téter, articulations qui se déforment avec le temps. C’est une raison de plus pour agir vite. Si le chiot crie quand on le manipule, signalez-le au vétérinaire.
Un ancien chiot nageur peut-il avoir une vie normale ?
Oui, dans la plupart des cas pris en charge à temps, il marche, court et joue comme les autres. Un suivi vétérinaire pendant sa croissance permet de repérer d’éventuelles séquelles. Tout au long de sa vie, garder un poids de forme ménage ses articulations.
Peut-on adopter un chiot qui a été nageur ?
Oui. Demandez à l’éleveur comment s’est passée la rééducation et à quel âge le chiot a marché, puis faites-le examiner par votre vétérinaire dans les jours qui suivent l’adoption. Un chiot qui se déplace normalement au moment de son départ a en général surmonté l’essentiel.
Le syndrome peut-il réapparaître plus tard ?
Non : il concerne la toute première phase du développement moteur, avant que le chiot ne marche. Un chien adulte qui se met à avoir du mal à se lever souffre d’autre chose (douleur articulaire, trouble neurologique) et doit être examiné rapidement.


