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7 dangers du printemps pour le chien et comment l'en protéger

Processionnaires, épillets, tiques, bulbes, anti-limaces, piqûres, coup de chaleur : les 7 dangers du printemps pour le chien et les bons réflexes.

Jack russell portant un col tricoté qui court dans les feuilles d'un sous-bois
Sommaire
  1. 1. Pourquoi la chenille processionnaire est-elle si dangereuse ?
  2. 2. Comment repérer un épillet ?
  3. 3. Tiques : pourquoi la piroplasmose est-elle une urgence ?
  4. 4. Quels bulbes et plantes de printemps sont toxiques ?
  5. 5. Engrais et anti-limaces : quels produits ranger ?
  6. 6. Que faire après une piqûre de guêpe ou d’abeille ?
  7. 7. Le coup de chaleur peut-il arriver dès le printemps ?
  8. Et les orages ?
  9. Quand consulter un vétérinaire ?
  10. Questions fréquentes

Au printemps, les principaux dangers pour le chien en France sont les chenilles processionnaires, les épillets, les tiques et la piroplasmose qu’elles transmettent, les bulbes et plantes du jardin, les engrais et anti-limaces, les piqûres d’insectes et le coup de chaleur des premiers beaux jours. La plupart se préviennent avec quelques réflexes simples. Deux d’entre eux, la processionnaire et la piroplasmose, sont de vraies urgences : mieux vaut savoir les reconnaître avant la saison.

DangerPériodeSigne qui doit alerter
Chenille processionnaire du pinfin de l’hiver, printempsbave abondante, langue gonflée
Épilletsfin du printemps, étésecoue la tête, éternue, lèche une patte
Tiquesprintemps, automnefièvre, abattement, urines foncées
Bulbes, muguetmars à maivomissements, bave, cœur irrégulier
Anti-limaces, engraissaison de jardinagetremblements, vomissements
Piqûres d’insectespremières chaleursface ou gorge qui gonfle
Coup de chaleurpremiers jours chaudshalètement intense, démarche hésitante

1. Pourquoi la chenille processionnaire est-elle si dangereuse ?

La processionnaire du pin tisse dans les pins et les cèdres des nids de soie blanche bien visibles. À la fin de l’hiver, parfois dès décembre dans le Sud, les chenilles en descendent en file indienne pour s’enfouir dans le sol : c’est là que les chiens les reniflent ou les lèchent. Leurs poils urticants se cassent au moindre contact et libèrent une substance très irritante. La langue gonfle, devient violacée et peut se nécroser en partie ; le chien bave énormément, se frotte la gueule, vomit, et sa gorge peut enfler au point de gêner la respiration. Sa cousine, la processionnaire du chêne, sévit plutôt de mai à juillet.

Que faire tout de suite ?

  • Ne touchez ni la langue ni les chenilles à mains nues, et ne frottez pas : vous briseriez d’autres poils. Mettez des gants si vous en avez.
  • Rincez la gueule à grande eau, sans frotter, tête penchée vers le bas pour qu’il n’avale pas l’eau.
  • Partez immédiatement chez le vétérinaire, même si le chien semble aller mieux : un traitement rapide limite la nécrose. Tous les gestes sont sur notre page chien et chenille processionnaire.

En saison, tenez votre chien en laisse dans les pinèdes et éloignez-le des arbres porteurs de nids. Dans votre jardin, faites retirer les nids par un professionnel et posez un piège à collerette autour du tronc.

2. Comment repérer un épillet ?

L’épillet est l’épi sec de graminées sauvages comme l’orge des rats. Ses barbes le font avancer dans un seul sens : il ne ressort jamais seul et peut migrer loin sous la peau. Les signes dépendent de l’endroit où il s’est logé :

  • Oreille : le chien secoue brutalement la tête, la garde penchée.
  • Nez : éternuements violents, parfois un saignement d’une narine.
  • Patte : il lèche sans arrêt entre deux doigts, une boule gonflée apparaît.
  • Œil : il cligne, larmoie, garde l’œil fermé.

Évitez les herbes hautes et sèches, inspectez oreilles, doigts et aisselles après chaque promenade, et faites couper court les poils entre les doigts et autour des oreilles des chiens à poil long. Consultez dans la journée : retiré tôt, un épillet se sort en quelques minutes ; plus tard, il peut demander une anesthésie. Les secouements de tête ont d’autres causes, détaillées dans notre article sur les problèmes d’oreilles du chien.

3. Tiques : pourquoi la piroplasmose est-elle une urgence ?

Les tiques reprennent leur activité dès les premiers redoux, avec un pic au printemps et un autre à l’automne. En France, elles transmettent surtout la piroplasmose (ou babésiose), la maladie de Lyme et l’anaplasmose. La piroplasmose est la plus redoutée : le parasite détruit les globules rouges et peut tuer en quelques jours sans traitement. Dans les jours ou les semaines qui suivent une morsure, une forte fièvre, un abattement soudain, une perte d’appétit, des urines foncées couleur café ou des gencives pâles imposent de consulter le jour même.

La transmission n’est pas immédiate : une tique retirée vite a beaucoup moins de chances d’avoir transmis une maladie. Inspectez votre chien après chaque sortie et retirez les tiques avec un tire-tique, en tournant sans tirer, sans éther ni alcool. Pour la protection elle-même, un antiparasitaire choisi avec votre vétérinaire reste indispensable : les répulsifs dits naturels protègent mal, comme nous l’expliquons dans notre article sur la protection naturelle contre les puces et les tiques.

4. Quels bulbes et plantes de printemps sont toxiques ?

Les bulbes de tulipe, de jonquille (narcisse), de jacinthe et de crocus concentrent les substances toxiques de la plante. Un chien qui déterre des bulbes ou ronge le sac rangé au garage risque vomissements, diarrhée et forte salivation ; une grosse quantité de narcisse peut aussi perturber le cœur (voir mon chien a mangé une jonquille ou un bulbe). Le muguet du 1er mai est plus dangereux encore : toute la plante, comme l’eau du vase, dérègle le rythme cardiaque. Azalées, rhododendrons, laurier-rose et if sont aussi à tenir hors de portée ; notre guide des fleurs toxiques pour les chiens les présente une à une.

Bannissez aussi le paillis de coques de cacao : il contient la même substance toxique que le chocolat.

5. Engrais et anti-limaces : quels produits ranger ?

  • Les anti-limaces au métaldéhyde comptent parmi les poisons les plus graves du jardin : tremblements, convulsions et forte fièvre apparaissent souvent dans l’heure. Ils ne sont plus vendus aux particuliers, mais de vieux paquets dorment encore dans bien des abris de jardin. Ceux au phosphate ferrique sont moins toxiques, sans être anodins si le chien vide la boîte.
  • Les engrais organiques (sang séché, corne, os, plumes, tourteau de ricin) attirent les chiens par leur odeur. Ils provoquent des troubles digestifs, la farine d’os peut former un bouchon dans l’estomac, et le tourteau de ricin est très toxique.
  • Les désherbants et insecticides : gardez le chien à l’écart jusqu’au délai indiqué sur l’emballage.
  • Les raticides empêchent le sang de coaguler, mais les saignements n’apparaissent que plusieurs jours après : consultez sans attendre les symptômes.
  • Les crapauds, de sortie au printemps près des mares et des jardins humides : leur peau sécrète des toxines, et un chien qui en mord ou en lèche un bave abondamment. Rincez-lui la bouche à l’eau, sans la diriger vers la gorge, et appelez le vétérinaire (voir mon chien a mangé un crapaud).

Rangez ces produits dans un placard fermé et gardez l’emballage en cas d’accident.

6. Que faire après une piqûre de guêpe ou d’abeille ?

Une piqûre isolée sur une patte ou sur le corps provoque une douleur et un gonflement locaux, sans gravité : raclez le dard d’abeille avec une carte plutôt que de le pincer, appliquez du froid et surveillez votre chien pendant une heure, sans lui donner de médicament humain.

Trois situations sont des urgences : une piqûre dans la gueule ou la gorge, qui peut gêner la respiration en gonflant ; des piqûres multiples, quand le chien dérange un nid de guêpes ou de frelons ; une réaction allergique, avec face qui enfle, plaques sur la peau, vomissements ou malaise. Dans le Sud, demandez aussi à votre vétérinaire comment protéger votre chien des phlébotomes, petits insectes qui transmettent la leishmaniose du printemps à l’automne.

7. Le coup de chaleur peut-il arriver dès le printemps ?

Oui, justement parce qu’on ne s’y attend pas. Le chien porte encore son poil d’hiver, n’est pas habitué à la chaleur, et ses maîtres reprennent les longues balades. Une voiture garée au soleil devient une fournaise en quelques dizaines de minutes, même par 20 °C. Les chiens à museau court (bouledogue français, carlin), en surpoids, âgés ou cardiaques sont les plus exposés.

Halètement intense, langue et gencives très rouges, bave épaisse, démarche hésitante, vomissements : mettez le chien à l’ombre, mouillez-le à l’eau fraîche (pas glacée), surtout le ventre et les pattes, proposez-lui à boire s’il est conscient, puis partez chez le vétérinaire même s’il semble récupérer. Sortez-le tôt le matin et le soir, et ne le laissez jamais seul en voiture.

Et les orages ?

Les orages de printemps terrifient certains chiens. Contrairement à une idée reçue, le rassurer calmement ne renforce pas sa peur : offrez-lui un refuge et suivez nos conseils pour apaiser un chien qui a peur de l’orage.

Quand consulter un vétérinaire ?

Sans attendre, si votre chien a touché une processionnaire, a de la fièvre ou des urines foncées après une sortie à tiques, a avalé bulbes, muguet, anti-limaces, engrais ou raticide, gonfle de la face après une piqûre, ou montre des signes de coup de chaleur. Dans la journée en cas de suspicion d’épillet. En cas d’intoxication, le centre antipoison vétérinaire CAPAE Ouest répond au 02 40 68 77 40, de 8 h 30 à minuit.

Questions fréquentes

Un nid de processionnaires tombé au sol est-il encore dangereux ?

Oui. Les poils urticants restent actifs longtemps dans les nids, même vides, et dans la terre où les chenilles se sont enfouies. Tenez votre chien à distance des nids tombés et ne les ramassez jamais sans gants.

À partir de quand protéger son chien contre les tiques ?

Dès les premiers redoux, parfois en février. Beaucoup de vétérinaires conseillent aujourd’hui une protection toute l’année, ou au moins du printemps à la fin de l’automne, selon la région et les sorties du chien.

Mon chien mange de l’herbe au printemps : faut-il l’en empêcher ?

Brouter un peu d’herbe est normal, comme l’explique notre fiche sur l’herbe. Le risque vient de ce qui la recouvre : désherbants, engrais, anti-limaces. Évitez les pelouses fraîchement traitées et les bords de champs en période d’épandage.

Faut-il tondre son chien quand il mue au printemps ?

Non, pas un chien à double pelage : son poil le protège aussi du soleil et de la chaleur. Brossez-le souvent pour retirer le sous-poil mort. Seuls les poils entre les doigts et autour des oreilles gagnent à être coupés, contre les épillets.

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